« Chaque jeune plant réagit de manière différente, c’est ce qui est passionnant »

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Armelle FOULON, responsable de serre

Très tôt, j’ai été intéressée par les métiers du végétal. Je suis donc entrée en BEPA Productions Florales et Légumières à La Lande du Breil, à la sortie du collège. Suite à ces deux années de formation en BEPA, j’ai souhaité faire un Bac pro Productions Florales et Légumières. Ce diplôme m’a apporté beaucoup d’assurance et de connaissances techniques supplémentaires.
Je me suis ensuite dirigée vers un BTS Horticulture en spécialité florale, me permettant ainsi de postuler à des emplois à plus fortes responsabilités.
Tout au long de mes études, j’ai toujours été attentive au choix de mes stages : en BEPA, j’ai ainsi pu découvrir le domaine du végétal et du maraîchage. En Bac pro, j’ai recherché une entreprise me permettant de connaître les productions de pépinières. Au cours de mon BTS, j’ai rejoint une entreprise familiale de jeunes plants aux Pays-Bas à deux pas du fameux marché aux fleurs d’Aalsmeer. J’ai ainsi découvert la floriculture sous serres en monoculture, une entreprise en production sur deux étages… Une expérience inoubliable qui m’a donné envie de me diriger professionnellement vers la spécialité des jeunes plants.
Après mon BTS, j’ai souhaité poursuivre ma formation sur une année supplémentaire en Licence Pro Technico-Commerciale en végétaux d’ornement et agrofournitures. J’ai de nouveau choisi une entreprise étrangère pour réaliser mon stage, mais cette fois espagnole afin de parfaire mes connaissances techniques de production de jeunes plants. J’ai pu à cette occasion comparer les différentes méthodes de travail.
Mon deuxième stage je l’ai effectué en périphérie d’Angers dans une société de prestations très connue au sein de la filière horticole. Là, un grand dossier d’affrètement de végétaux en importation m’a occupée pendant mes trois mois de stage.
Les contacts avec les grands responsables d’entreprises, le travail de dossiers, ce fut une nouvelle expérience très différente des précédentes, mais également très enrichissante.

A la sortie de ma Licence Pro, je souhaitais travailler rapidement. J’ai donc tout de suite trouvé des petits travaux saisonniers par période de quinze jours.
Pour ceux qui sortent des études, je donnerai pour conseil de débuter par un travail de terrain. Je crois aujourd’hui que cette approche pragmatique m’a permis d’éviter le chômage.
J’ai commencé à travailler en tant que chef d’équipe dans une entreprise belge de compositions florales. Je gérais un groupe de 5 à 20 femmes, en vérifiant les rendements, les approvisionnements… Un groupement d’employeurs m’a ensuite proposé de travailler dans une entreprise de production de jeunes plants.
Au cours de ma 1ère année de travail, la société a été décentralisée en Belgique. On m’a donc proposé un autre poste à temps plein en CDI comme Responsable de Serre. C’est le poste que j’occupe encore aujourd’hui.

En ce moment, je m’occupe d’une serre d’acclimatation. (Il y a 4 types de serres dans la société : serre de germination, acclimatation, durcissement et expédition). Il faut environ 2 ans pour être confirmé à ce poste.
La société compte plus de 3 hectares de serres au total et une serre fait entre 4500 m² et 5000 m². Nous devons nous occuper de chaque lot présent dans l’enceinte. Nous reproduisons par semis toutes sortes d’espèces : des légumes jusqu’aux plants de pépinières en passant par les plantes à massif, les plantes en pot, les fleurs coupées, les aromatiques et les vivaces.
Pour exercer ce métier, il faut faire preuve de beaucoup de mémoire, de minutie, d’organisation, et être très consciencieux. Face à chaque problème, il est important d’être réactif. Je suis responsable de tous les produits qui entrent dans ma serre jusqu’à leur sortie. La qualité sanitaire doit être irréprochable, tout comme l’esthétique (le port, la couleur…).

Ce métier demande d’être polyvalent. Chaque matin, avec mon équipe, nous commençons par élaborer un plan informatique et détaillé de la serre. Ensuite, nous observons les tables de culture, une à une, afin de transcrire le travail de la matinée sur notre plan. Nous gérons nos arrosages par le biais d’une télécommande qui permet de faire avancer les chariots par radiofréquence. Avant la fin de la matinée, nous traitons chaque lot qui en a besoin. L’après-midi, est consacré au transfert de tables d’une enceinte à l’autre, c’est-à-dire d’un climat à un autre. Chaque plaque de culture passe dans 3, voire 4 enceintes différentes au cours de sa culture.
En basse saison, nous nous occupons également de l’entretien des serres (désinfection, désherbage, nettoyage) mais aussi de tous autres travaux internes à l’entreprise : les commandes, les recompositions des plaques…

Nous possédons une gamme très large de production, ce qui m’apporte chaque jour de nouvelles connaissances techniques. Chaque jeune plant réagit différemment, c’est ce qui est passionnant. Une erreur (mauvaise gestion des arrosages, des traitements ou du climat) et la culture peut être repoussée.
C’est un réel plaisir de voir se multiplier les végétaux à partir d’un simple et minuscule plant pour arriver à en faire un jeune plant trapu, coloré et raciné.